Le VerS nOir

Le VerS nOir

Youpi !

Youpi !!!

On arrive c’est la fête on nous met une layette
on nous fait des risettes on s’dit qu’la vie c’est chouette
On nous colle un téton on nous r’file un biberon
on nous met en prison mais on nous lave le fion
On se dit ‘c’est l’panard’ on chiale comme des mouchards
on fait traîner son lard on se dit qu’c’est bonnard
Y’a des lumières partout de la couleur sur tout
on peut avoir du goût quand les sons sont si doux

On grandit insouciant devant l’œil des parents
on perd nos premières dents qu’on vend pour quelques francs
On est haut comme 3 pommes on essaye d’faire la somme
mais l’on nous perçoit comme des sous-femmes des sous-hommes
Et on les entend dire et prédire notre avenir
et saisir le désir de nous voir réussir
Mais l’on comprend pas bien qu’ils nous tracent le chemin
au point de ne faire qu’un substitut du destin

On se retrouve dans l’lot au milieu du troupeau
avec tous les marmots qu’ont reçu l’même topo
On se suit à la file ne pas rompre le fil
qui nous rendra serviles en nous pensant civils
On apprend à voter on se dit que c’est l’pied
que l’on va s’exprimer pourvu qu’y’ait des idées
Et l’on tourne les pages des personnages sages
ceux qu’on construit les cages des savoirs en otages

On découvre le travail on se dit quelle trouvaille
ça évite la pagaille ça nous tient sur les rails
On pense dev’nir quelqu’un plus tard en bossant bien
des tunes sous les coussins du bonheur chaque matin
Et pis quand on commence on en perd l’espérance
on en perd not’ confiance on en perd notre enfance
On se dit réalistes, ‘construit des artifices
pour rayer de la liste regrets et sacrifices

Et ça devient normal en tout cas acceptable
d’pouvoir crever la dalle quand d’autres se rincent à table
Une vie y’en a qu’une et c’est toute not’ fortune
on préfère l’amertume et le papier dans l’urne
C’est un fait adopté comme une fatalité
qui s’en va altérer le choix des nouveau-nés
Le cercle sera bouclé les aïeux respectés
et les chaînes tissées sur les futures libertés !