Le VerS nOir

Le VerS nOir

Une journée


Une Journée

Les hirondelles font le printemps, et moi je fais de vieux os
Au gré de mon appartement qui flotte sur la rue Burdeau
Je regarde passer les filles mais c’est pas top vues de haut
On se croirait au Mexique avec leurs sombres sombreros !

Alors j’jette un œil en face il y a la voisine qui peint
Elle me prend pour un rapace mais le rouge lui va bien
Et je ferme les volets, pour cause d’ambiguïté
Car aujourd’hui c’est un fait on ne s’observe plus travailler !

J’enchaîne sur un Brainstorming en usant des mots périmés
Et je dépose en bout de ligne les mégots du cendrier
Je mets Rousseau au placard et Thomas Hobbes dans les WC
Je me glousse et je me marre de l’universalité !

Quand je marche dans la rue, j’regarde en l’air je traîne le pied
Et quand je croise un réverbère je lève ce dernier pour pisser
Il suffit pas d’mettre du miel si tu veux te faire respecter
Il y a quelques rituels qui font très bien en société !

Je déguise les miroirs, et du coup mon reflet dedans
Quelle drôle de tête ça lui donne à voir, mais c’est lui qui me mate comme un mutant…

Puis je regagne mes pénates avec mon lot pour la journée
De sales histoires et d’idées moites qu’il va me falloir essorer
J’me lave de tout soupçon quant à mon asociabilité
Avec du savon d’Marseille et d’l’eau de Cologne du quartier !

Je décroche mon téléphone car quelqu’un va m’appeler
J’anticiper et je me colle l’oreille sur le combiné
Et c’est bien Miss Amazone mais qui annule son rendez-vous
Celle qu’avait flashé sur ma zone mais ça fait plus d’effet du tout !

J’finis par lire un bouquin sur les méandres apocalyptiques
En tirant des lattes sur un joint pour rajouter au psychotique
J’ m’enveloppe dans la couverture d’un presse people aux pages glacées
J’laisse les hirondelles en pâture à mes cauchemars enfumés !

Je déguise les miroirs, et du coup mon reflet dedans
Quelle drôle de tête ça lui donne à voir, mais c’est lui qui me mate comme un mutant…