Le VerS nOir

Le VerS nOir

Les trains de l'aurore

Les trains de l’aurore (texte de Stalkeur)

Qui a dit que la route, c’était le voyage
Il suffit de monter dans un train de l’aurore
Pour voir les passagers, leurs colombes en cage
Caresser leur labeur à la place du mort

Ils s’en vont travailler les yeux dans le lointain
L’âme morte et matée par la nécessité
Qui leur donne chaque jour leur train quotidien
Leur vie est sur des rails, il faut leur pardonner

C’est que la vie est dure au royaume des vivants
Que voudriez-vous voir dans ces wagons bondés
Tout le monde ne siffle pas en travaillant
Leur unique combat est de s’habituer

Ils rapiècent leur vie et c’est tant bien que mal
Qu’ils lorgnent la monnaie gisante des trésors
Qu’ils se sont fait voler d’un geste machinal
Par des brigands monotones et inodores

Les contrôleurs circulent dans les wagons lourds
Ils font la quête auprès des fidèles au poste
Entendant l’injonction, la même chaque jour
‘Terminus du train une vague humaine accoste’

Chaque jour un aller, chaque jour un retour
Le travail, la sueur, leur donnent leur pitance
Donnez-leur aujourd’hui un turbin quotidien
Vive l’absurdité, et bonjour nos silences

Chaque jour un aller, chaque jour un retour
Le travail, la sueur leur donnent leur pitance
Donnez-leur aujourd’hui un turbin quotidien
Vive l’absurdité, et bonjour nos silences

Qui a dit que la route, c’était le voyage
Il suffit de monter dans un train de l’aurore
Pour voir les passagers, leurs colombes en cage
Caresser leur labeur à la place du mort…