Le VerS nOir

Le VerS nOir

Foi d’antipathique

Foi d’antipathique… bourgeois !

On a viré les seigneurs, on a guillotiné les rois
On a pendu les empereurs et brisé les tables des Lois
Dans le seul objectif de pouvoir progresser mieux
Ce n’était pas philanthropique quoi qu’en disent les gueux
Foi d’antipathique bourgeois…

On a guillotiné les rois, on a ouvert les frontières
Entre gens de bon aloi on s’est partagé les terres
On a fait prospérer nos libres entreprises
Par les enfants d’hier restés sous notre emprise
Quelques miettes peuvent rendre fier…

On a ouvert les frontières, on a exporté à l’étranger
On a vendu les canons et les fusils et le fumier
On a encensé le commerce à s’en remplir la panse
La Croissance en déesse pour mener la cadence
Et le pas policé…

On a exporté à l’étranger, on a importé aussi
Des parures pour les riches, pour les pauvres des radis
Et des manières qu’on expose comme de vulgaires modes
Dans les soirées très prisées dedans le Capitole
Et l’alcool aux sans-abris…

On a importé aussi, on a dit ‘va-t’en voir ailleurs !’
Quand le boulot était fini, à l’immigré travailleur
C’est au service de l’économie que doivent guider les pas
L’appartenance à la Patrie, ça ne se décrète pas
Ça se naît au sang du cœur…

On a dit ‘va-t’en voir ailleurs !’, on a considéré la couleur
On a fait des boucs-émissaires pour attiser votre peur
Et pour que votre colère ne se dirige pas sur nous
On a au pire dans nos affaires des cordes pour vos cous
Des responsables à nos erreurs…

On a considéré la couleur, le sang qui coule est partout même
Il devient tout à fait normal que vous ayez les mêmes chaînes
Mais vous pouvez vous plaindre, alors ne vous plaignez pas
Vous n’avez plus rien à craindre car le client est roi
Et les marchands de chrysanthèmes…

Le sang qui coule est partout même, ne créez pas de tumultes
N’occasionnez pas de gêne, on va atteindre notre but
N’vous en prenez pas au Système, vous n’vous en relèverez pas
L’on vous lâchera les chiens si vous niez les lois
Du Pouvoir qui nous exulte…

Ne créez pas de tumultes, tout ce qui est nous appartient
Gardez pour vous les insultes, l’Etat reconnaîtra les siens
Maintenant vous voilà prévenus, alors chacun pour soi
La misère qui côtoie la rue, ça ne nous regarde pas
Alors votez et fermez-là…
Foi d’antipathique bourgeois…