Le VerS nOir

Le VerS nOir

Demain, il pleut

Demain, il pleut...

  Demain, il pleut…
Les zombies et les morts-vivants communiquent entre eux
Demain, il pleut…
Les enfants assoiffés des pays du soleil
S’émerveillent en leur lieu d’un rayon d’eau léger
Et les sages d’Orient se rient à la pensée
De ces petits caprices des régions tempérées
Demain, il pleut…
Sortez les parapluies, il faut se prémunir
Avalez vos idées, il faut se repentir
De nos rêves asséchés.
Demain, il pleut…
Les politiques occidentaux informés en font leur la mission
De déclarer Domaine de la santé publique les quatre saisons
      - On ne passera pas l’été…-
Météo France suggère : « Mets tes hauts, France d’en bas ! L’avenir est glacé,
et la terre craquelée se déchire sous tes pieds. Si le présent est désert, rien ne présage pour toi un avenir prospère »
      - On ne passera pas l’hiver…-
Qu’importe,
Demain, il pleut…
Les néons écarlates éclaboussent les rues,
Et rendent les passants aveugles à la cohue
Des sans-riens, des sans-logis, des sans-abris…
      - Il faut chers citoyens de la bonne volonté
      De l’esprit de Justice, de Solidarité
      Il faudrait retrouver le sens de la raison :
      Donnez-leur des cartons !
Et le Pays des Droits de l’Homme fait tout ce qui est en son Pouvoir
C'est-à-dire qu’il corrompt les lueurs transitoires
Sur le dos des néons…


Demain, il pleut…


Le poisson rouge sans son bocal de verre,
La beauté de la lune sans fusée nucléaire,
Les princesses des livres sans leurs princes charmants
Et pourquoi pas,
Les individus libres sans leurs représentants.

  Les parasites phagocytaires qui ont comme patrimoine génétique un capital élevé sont priés de vivre en symbiose avec les déshérités. Ils se complémentent. Tandis que l’un produit l’autre absorbe sa viande. La loi de la nature… Le mépris de Darwin et le révisionnisme scientifique. De l’espèce au social. Du social au normal. Du normal en ennemi à la soif d’idéal. Mais que vont donc en penser ? Quel esprit de révolte si en ouvrant les yeux...
Demain, il pleut…
Demain, il pleut…
Demain, il pleut…
Dans les foyers du monde se tordent les estomacs,
La culpabilité est guide de nos pas
Et entrave…
Son air grave nous replace au centre de l’attention narcissique que notre ego nous doit
Et l’on doit tout d’abord s’en vouloir à soi-même
Se rendre responsable de ce qu’est le Système
D’ailleurs il faut dire qu’on n’arrête pas
De nous le seriner ce refrain aux abois :
    « Le sort de la Planète dans les mains de chacun,
   Et si chaque miette donnée pour une tranche de pain
   Serait aux affamés un rayon de soleil
   Permettant l’édifice de ces cités nouvelles
   Où dans leur cœur alors se liraient les merveilles
   Et la bonté du monde serait alors pareille,
   Patati, patata, patati, patata… »
Demain, il pleut…
Comme on voudra…
Les règles sociales sont renvoyées à la transcendance du cœur ou de l’âme
Selon où l’on se vit dans la hauteur du drame
Selon qu’on s’imagine dans le rang des juifs, des musulmans, des hindouistes, des animistes, des bouddhistes, des chrétiens…
Ou dans le rang des païens.

  Cette fameuse liberté de penser tant qu’on est dans le rang
Dont la seule injustice est donner son argent.
Pour ceux qui en ont tant
Serait-ce donc en ces lieux le ciment
Pour des avenirs chantants ?

… Il faut l’esprit critique
Tant qu’on y associe notre devoir civique.

  Les fourmis de la communication s’échinent à faire valoir la grandeur des dictons
Et les mantes-religieuses de la Corporation font mine de dévorer le mal que nous vivons.
Qu’en dites-vous ?
Qu’en donnant plus de nous on se sauvera au bout ?

  Demain, il pleut…
Et les paupières collées par les larmes se moquent de la lumière narguante au bout de ce tunnel.

  On voudrait refaire l’Histoire qu’on n’y arriverait pas
Mais l’Histoire se refait plus belle à chaque fois
Les indiens, les aborigènes australiens, les indonésiens du Timor oriental, les rwandais massacrés, les colonisés d’Afrique, le Tibet annexé,
Et la guerre d’Algérie et l’aide des harkis,
Les goulags soviétiques, camps de travail chinois,
Le contrôle de Panama,
L’Afghanistan, l’Irak,
L’Irak et le Liban,
La Birmanie c’est où ? (j’sais pas, Elf est partout)
Les castes de l’Inde,
Et cetera…
Mais ne vous en faîtes pas,
On vous la dit déjà,
L’Histoire est plus belle à chaque fois…

  Où en étais-je ? Ah oui…
Demain, il pleut…

  Les grenouilles démocratiques remontent leur bocal
Et s’en vont coassant sur un air amical
L’avenir est incertain, et cause des frissons
Demain plus qu’aujourd’hui et sans autres raisons
On s’enroule une écharpe pour couvrir nos mentons
Jusqu’aux belles saisons…
Car
Demain, il pleut…
Mais jusqu’à quand ?

La rotation terrestre autour de son étoile
Nous semble à peu près calme
Mais autour d’elle-même il paraît qu’elle s’emballe
Qu’elle va devenir folle
Nous on s’en rend pas compte le mouvement nous console,
Mais en voyant la mine renfrognée de mon chien
Statique sur ses quatre mains,
Je me risque à parier
Qu’il sera mort demain….
Risquez-vous à risquer d’éclaircir vos pensées
Poser les mots tels-quels même sans être ordonnés
Laisser évacuer vos valeurs morcelées
Et osez prononcer le sens des libertés
Même si ça fait fouillis
Ces mots sur le tapis
Il, Demain, pleut ?

 
Les poètes sont les scientifiques de la pensée qui ne croient pas forcément ce qu’ils disent, se cachant sous le prétexte de laisser libre-cours à quoi trotte dans la tête. Ou bien sous la casquette. Et leurs réflexions s’en vont aux quatre vents comme des girouettes.
Nous, nous sommes les "anti", les "anté", et les "a"
Eux, ce sont les "nantis", les "hantés" et les "rats" 
Et nous, nous sommes nous, et nous sommes partout
Nous sommes la clairvoyance,
Au-delà des Etats,
Des nomenklaturas,
Au-delà des S.A.
Car Eux se rejoignent, suivent le même fil conducteur, articulent leurs labeurs, se partagent nos sueurs. Tout s’enchevêtre dans le même dessein. La théorie du complot ? Plutôt celle du vase clos, et de l’oligarchie. Des intérêts communs sur fond d’hypocrisie.
Cette trame quotidienne que l’on n’a pas choisie et qui vient s’incruster au plus profond de nos cerveaux avec ses allures d’évidence. A petits feux. Sans qu’on s’en doute un peu. Et qui apparaît comme pleine de bon sens chaque fois qu’on saisit le pistolet… de la pompe à essence.


Il faudra que ça cesse.
Mais là où le bât blesse,
C’est quand on se rencontre et qu’on se dit demain…
Demain, demain, demain, demain, demain, demain, demain, demain…
Demain, il pleut…
Et puis, s’il faisait beau,
Serait-il moins troublant de voir une éclaircie ?
Allez, demain, il fait beau, demain, il fait beau, demain, il fait beau, demain, il fait beau,…
Mais où est mon chapeau ?
Mon chapeau feutré comme leurs bruits de bottes quand ils vont brandissant la fin des journées mortes, quand ils viennent en cohorte raconter que nous sommes libres, égaux, fraternels, solidaires, de leurs voix solennelles.
Et le grand promontoire des machines à laver pour les sales histoires aux enfants racontées fait la Une commerciale aux journaux de 20h.
Et le présentateur-journaliste-pantin fait l’éloge impudente des journées de 13 heures.
L’heure est à ajourner.
Et bannir les marées.
Et au présentateur-vitrine de nous recentrer sur nos difficultés pour peu que tant bien même on les ait oubliées. Et de nous avertir qu’il faudra sans broncher ne regarder qu’en face cette triste vérité, la seule réflexion qui mérite d’être ressassée :
Demain, il pleut…
Bien sûr la guerre,
Bien sûr, nos artères,
Bien sûr la misère,
Bien sûr la crise financière,
Bien sûr le dérèglement climatique et le dérèglement économique et leurs remèdes capitalisto-écologiques,
Mais le plus tragique,
Le plus problématique,
Ce qui doit inquiéter aux vues du sens critique
Demain, il pleut…
Que faire…
La guerre aux pays qui monopolisent le soleil. Ces tyrans indécents qui ne veulent partager quelques gouttes de chaleur.


Demain, il pleut…
Dans le cerveau s’émeuvent les synapses attristées par le flot continu des brillantes idées. Les connexions se font et se défont parfois quand l’une parmi elle semble sortir du tas. Les neurotransmetteurs ne veulent plus transmettre au thalamus anxieux que la cadence baisse.
Allez, au boulot !
C’est la grève embryologique. Les aires frontales ne commandent plus aux sens. Sucré, salé, faible ou fort d’intensité, loin, près, flou, la lumière est partout.
Sombre ou parfumé, même le goût est dégoût. Et quand on touche du bout des doigts ce qui naguère encore nous portait au-delà, l’impalpable sensation se profile aux abois.
La réflexion se meurt, on s’en aperçoit pas.
Ça nous paraît normal, on se croit toujours assez intelligent même plus qu’autrefois. On s’estime avec ce que l’on dispose disaient d’autres avant moi.

  Demain nous partirons, la capuche hissée plantée sur notre tête comme le signe triomphant de la grande défaite. Nous jalonnerons la route de nos désespérances et nous embellirons ce qui fut notre France. Et nous embellirons ce qui fut notre enfance au temps où cette pluie ne causait de souffrance. Et nous dirons ‘hélas’, mais sans trop de regrets, et prendrons un air las un peu insatisfait. Et nous nous cacherons sous le fallacieux prétexte de la réalité quand nous échangerons sur l’utopie de nos aînés.
Nous serons imperméables
Aux nouvelles idées.
Et nous serons heureux car l’oubli de ce qui aurait pu être fera force de loi. Rien ne nous manquera.
Et nous affirmerons sur l’autel des Droits
Que notre environnement se doit d’être comme ça.
Et nous garderons à l’esprit l’angoisse de notre vie, cette appréhension subtile qui nous rend si tangible :
Demain, il pleut…

  Les cerbères ne nos écarts montent la garde dans notre subconscient
Et nos manières dans le placard se fardent de faux-semblant
Dans le placard de nos rêves,
De nos fantasmes,
De notre imaginaire,
Car rien n’est à refaire.
Et si le désir venait à s’incruster par la porte de derrière
En crochetant la serrure avec son drôle d’air
Nous le réexpédierons
Où ?
Dans sa tanière.
Nous lui ferons manger la poussière.
Cet animal sournois causeur de désarroi
A nous faire envier ce qu’on ne possède pas.

  Plus de ‘Demain peut-être’
Car nous voulons des prêtres
De ceux qui affirment et qui ne doutent pas de l’avenir qui se profile au bout de nos dix doigts, à l’arme de la foi.

  Demain, il pleut…
C’est bien, c’est un début
Il faut nous mettre à nu
Et appréhender cette idée sans saveur que le nectar du monde n’est présent qu’en la fleur.
Et nous sommes les abeilles
Travailleuses, imperturbables, aux ordres de la Reine à qui nous sommes affables
Pour notre bien.
Et nous savons fort bien qu’une révolte de nous,
Avec notre venin au bout de nos dards fous,
Nous fera morts demain.
C’est la loi véritable qui guide notre chemin.
Car nous avons le choix, et nous pouvons piquer
Avec cette certitude incrustée de devoir trépasser.
A qui l’honneur ?
Mais vaut-il mieux qu’on erre dans un monde sans parfum
Avec nos muselières empruntées à nos chiens ?
...
Derrière la fenêtre des perspectives plates,
Je lève la patte…

  Il faudrait réussir à l’évacuer
Cette sempiternelle conviction que Demain est fini
Ni pas plus qu’Aujourd’hui
Et faire sombrer dans le vide de l’amnésie
Ce pessimisme commandé
Cette volonté de penser que tout est consommé
Demain, il pleut…
C’est à nous d’essayer
Et de réessayer
Allez,
Demain, il pleut…
Cela n’existe plus, et n’a jamais existé
Ces quelques mots imprescriptibles murmurés des lèvres de nos sociétés
Demain, il pleut…
C’est du songe, du rêve
Ça n’a rien d’une trêve
Demain, il pleut…
Car c’est nous, la relève
Demain, il pleut…
Nous y voilà donc presque, encore quelques efforts
Nous sommes maîtres en nos lieux et nous sentons plus forts
Nous sommes la conception et puis l’exécution
Nous sommes la vengeance et nous sommes le Pardon
Nous sommes tout enfin, voilà ce que l’on peut…
Hein ???
Demain, il pleut…